Aller au contenu

Rééquilibrer son énergie : ce que recouvre l’expression

Énergies et équilibre
Photo : Liesl Marelli, Public domain

« Rééquilibrer son énergie » est une des expressions les plus employées du domaine, et l’une des plus vagues. Ce qu’elle recouvre dépend entièrement de la tradition dont parle celui qui l’emploie — et ces traditions n’ont ni la même origine, ni le même vocabulaire, ni les mêmes gestes.

Trois lignées sans rapport

Les chakras viennent des traditions indiennes, où les textes tantriques décrivent des centres sur un axe vertical, en nombre variable selon les écoles. Le reiki est japonais : Mikao Usui le met en place vers 1922, avec trois niveaux et une transmission par un enseignant. Le magnétisme est européen et remonte à Franz Anton Mesmer, à la fin du XVIIIe siècle. Trois lignées, trois lexiques — et parler de l’un avec les mots de l’autre produit des phrases qui sonnent juste sans rien dire. Le détail est dans les sept chakras et reiki et magnétisme.

Ce que les praticiens appellent déséquilibre

Le vocabulaire est assez stable : un centre décrit comme « fermé » ou « surchargé », un champ décrit comme « encombré », une sensation de lourdeur ou de dispersion. Ces descriptions ne correspondent à aucune mesure : ce sont des façons de nommer un ressenti, et les praticiens les plus clairs le disent ainsi. Le mot « déséquilibre » n’est donc pas un diagnostic, et aucun praticien n’est autorisé à le présenter comme tel.

Les gestes proposés

Quatre reviennent partout. L’ancrage : une attention portée au contact avec le sol, souvent debout, décrite comme un retour au corps. La respiration dirigée : allonger l’expiration, compter les temps. Le balayage corporel : parcourir mentalement le corps de haut en bas en relevant les sensations, exercice qu’on retrouve tel quel dans les protocoles de méditation de pleine conscience. Et la séance avec un praticien — reiki, magnétisme, bols — qui ajoute un tiers et une durée fixée.

Les trois premiers sont des exercices d’attention, accessibles sans personne et sans matériel. C’est aussi le seul domaine de cette rubrique où des protocoles ont été étudiés de façon suivie, ce qui mérite d’être dit puisque c’est rare.

Ce que le cadre autorise

Ces pratiques ne sont pas des professions de santé réglementées en France, et aucune efficacité propre n’est établie. Un praticien ne peut ni poser un diagnostic, ni annoncer une guérison, ni conseiller d’interrompre un traitement : ces actes relèvent de l’exercice illégal de la médecine. Une séance se décrit comme un accompagnement, jamais comme un soin, et elle ne remplace aucun suivi.

Deux signaux doivent faire arrêter : un praticien qui nomme une maladie, et un praticien qui réclame une somme supplémentaire pour « lever un blocage » annoncé en cours de séance — ce dernier cas est décrit dans le retour affectif, et il porte un nom dans le code pénal.

Par où commencer

Par le vocabulaire, pas par une séance. Savoir si l’on parle de chakras, de reiki ou de magnétisme évite de payer pour quelque chose qu’on n’avait pas demandé. Voir énergies et équilibre pour l’ensemble, et l’aura pour la notion qui accompagne presque toujours ces descriptions.

Les questions qui reviennent

Que veut dire « rééquilibrer son énergie » ?

Cela dépend entièrement de la tradition dont parle celui qui l'emploie : chakras venus de l'Inde, reiki venu du Japon des années 1920, magnétisme venu de l'Europe du XVIIIe siècle. Les trois lignées n'ont ni la même origine ni le même vocabulaire. La première question à poser à un praticien est donc de savoir sur quoi il travaille.

Un déséquilibre énergétique, est-ce un diagnostic ?

Non. Les descriptions employées — centre fermé, champ encombré, sensation de lourdeur — ne correspondent à aucune mesure : ce sont des façons de nommer un ressenti. Aucun praticien n'est autorisé à poser un diagnostic, à annoncer une guérison ou à conseiller d'interrompre un traitement.

Quels gestes peut-on faire seul ?

L'ancrage, c'est-à-dire une attention portée au contact avec le sol ; la respiration dirigée, en allongeant l'expiration ; et le balayage corporel, qui consiste à parcourir mentalement le corps en relevant les sensations. Ce sont des exercices d'attention, sans matériel ni praticien, et on les retrouve tels quels dans les protocoles de pleine conscience.

Dans la même rubrique : Énergies et équilibre

Toute la rubrique Énergies et équilibre

Pour aller plus loin, ailleurs sur le site